Forcanada par la voie Normale
7 septembre 2026
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Une nouvelle ligne dans la face sud-ouest du Quayrat



Certaines voies naissent d’un regard en coin, jeté presque par hasard depuis la terrasse d'un refuge, une bière à la main.

C’est ainsi qu’est née celle-ci: en redescendant d’une ouverture au Grand Gendarme du Lézat l’année dernière, mon regard s’est une nouvelle fois arrêté sur la face sud-ouest du Quayrat. Une ligne évidente s’y dessinait, faite de dièdres qui s’enchaînaient et de murs raides qui semblaient n’attendre qu’une chose : qu’on vienne les grimper.

Le projet a mûri toute une saison avant de se concrétiser avec Mathieu Payet, collègue guide de haute montagne avec qui je partage la corde depuis une vaingtaine années. Une complicité de cordée qui compte, sur ce genre de terrain où chaque longueur se négocie et où la confiance mutuelle vaut toutes les protections.

Une ligne exigeante du bas jusqu’au sommet

L’itinéraire déroule une dizaine de longueurs qui alternent dièdres et murs très raides, entrecoupé de transition dans les zone schisteuses.
Dès le bas, une longueur magnifique donne le ton : la deuxième longueur en dièdre raide coté 6b, puis suit une belle fissure sur un mur déversant en actif (A0) qui doit probablement se grimpé en libre au alentour du 7a, une longueur de caractère, qui impose le niveau d’engagement de la voie.
La partie haute prend ensuite un tout autre visage, avec une succession de dièdres raides en 5+ et 6a+, plus soutenue dans la durée que dans la difficulté pure. La voie se termine par une sortie sur des schistes faciles, avant de rejoindre l’arête sommitale et la fin de la course.

Une ligne qui résume bien ce qu’on aime dans l’ouverture : l’observation patiente d'en face de la paroi, puis le plaisir de tracer, longueur après longueur, un itinéraire qui n’existait pas encore.

Ce qui me pousse à ouvrir de nouveaux itinéraires tient d’abord à la curiosité face à l’inconnu, cette envie de savoir si une ligne jamais parcourue « passe ». S’y ajoute le dépassement technique et physique qu’exige la lecture d’un terrain sans repères, plus exigeant que la répétition d’un itinéraire connu. Enfin, pour les guides et les locaux, c’est souvent une façon d’approfondir un rapport intime et déjà ancien avec « leur » massif.