





UN PEU D’HISTOIRE
En 1858, un jeune Tourangeau nommé Alfred Tonnellé passe l’été à Luchon, invité par des amis de sa famille. La lumière et les couleurs pyrénéennes le saisissent immédiatement, et il se prend d’une passion dévorante pour la montagne. Après avoir gravi l’Aneto en juillet, sa 34ᵉ ascension officielle, son regard est happé par un sommet aigu, à double pointe, encore invaincu: la Forcanada. Il confiera dans son journal : « Si c’était une jeune fille, je crois que j’en deviendrais amoureux ».
Les 31 juillet et 1er août 1858, accompagné des guides luchonnais Ribis et Redonnet dit « Nate », il en réalise la toute première ascension, depuis la vallée de l’Esera et le forau de Aigualluts. Son prénom reste gravé dans la géographie du massif : le col Alfred à 2839 mètres et la pointe Tonnellé 2881 mètres, portent encore aujourd’hui son nom et Prénom.
Tonnellé ne profitera pourtant guère de cette victoire. Poursuivant son périple à travers les Pyrénées, notant chaque jour ses impressions dans ses carnets, il rentre épuisé à Tours en septembre et meurt de la fièvre typhoïde le 14 octobre 1858, à seulement 27 ans. Ses notes seront publiées après sa mort par son ami Heinrich, sous le titre “Trois mois dans les Pyrénées et dans le Midi en 1858”, devenu depuis un classique du pyrénéisme. Cette destinée d’étoile filante a fait de la Forcanada bien plus qu’un sommet : une montagne romantique, à jamais liée au souvenir de son premier ascensionniste.