Depuis le refuge d'Espingo, la marche d'approche nous mène au pied du Grand Dièdre des Spijeoles. La voie s'élève d'emblée en lignes élégantes, qui marque la progression longueur après longueur. Cotée 4/4+ sur l'essentiel de l'itinéraire, avec des passages de 5 dans les dernières longueurs, elle reste accessible à un grimpeur à l'aise en terrain d'aventure, tout en demandant de la concentration.
L'escalade se déroule sur un granit de belle qualité, aux prises franches. Cheminées et dièdres fissurés alternent avec des murs plus verticaux. La voie est semi-équipée de façon minimale sur pitons: il faut emporter un jeu de friends et de coinceurs pour assurer la progression.
Quelques pitons que j'ai placés à des endroits judicieux il y a quelques années me permettent de gagner en efficacité.
Dans le dernier tiers, l'ambiance devient plus austère : la brume monte et enveloppe peu à peu le dièdre, les difficultés se corsent. Le silence et l'isolement donnent à la voie un caractère plus sérieux. Au sommet, le ciel se déchire enfin, et les nuages laissent entrevoir de superbes perspectives sur les sommets environnants.
Pour la descente, je laisse Sébastien aux abords du lac glacé, d'où il regagne le refuge d'Espingo.
De mon côté, je poursuis par le chemin des Mineurs jusqu'au refuge du Portillon, où je retrouve Alain.
ARÊTE CRABIOULES / LÉZAT
Le refugedu Portillon, constitue une base idéale pour aborder ce secteur sauvage et minéral des Pyrénées centrales.
Au cœur du massif du Luchonnais, cette classique course d'arête offre une belle journée d'alpinisme en boucle, avec départ et retour au refuge.
Dès le départ, nous quittons le refuge pour rejoindre le pied de l'arête par le vallon inférieur du Litérole et la brèche Mamy. L'ambiance de haute montagne s'installe vite : paysage de granit, lacs d'altitude et vues dégagées sur les sommets voisins. Nous prenons pied sur l'arête et la parcourons en alternant marche en terrain varié, passages de blocs et courts pas d'escalade en II / III et quelques pas de IV.
La progression se fait en cordée, avec des relais et des protections adaptés au terrain. Le rocher, un granit généralement solide, permet une belle continuité sur la crête, mais demande une bonne attention dans les zones plus fragmentées. L'exposition est présente et l'engagement réel : cette course convient à des alpinistes à l'aise en terrain d'arête.
Après le Gendarme Blanc, un des passages clef, l'arête se poursuit en montant vers le Lézat, où le parcours conserve son caractère aérien en devenant plus technique. Les vues s'y élargissent sur les grands sommets alentour.
La descente nous ramène en boucle vers le refuge du Portillon par les cheminées de la voie normales. Elle permet de boucler la course en admirant le cirque.
Le retour au refuge, après une course d'arête de cette envergure, est un vrai moment de satisfaction.
ARÊTE CENTRALE OUEST AU QUAYRAT
Depuis le refuge du Portillon, nous partons à l'assaut de l'arête centrale Ouest, une belle course d'arête en granit au cœur des Pyrénées centrales. Une marche d'approche nous mène au pied de la cheminée au bloc coincé, dominé par la face Ouest du Quayrat.
Quelques longueurs en IV sur des couloirs cheminée donnent accès sur l'arête proprement dite, puis les difficulté diminue, nous progressons corde tendue jusqu'au Gendarme crochu marquant la mi-parcoure. l'ambiance reste un vrai bonheur : de part et d'autre de la crête, la vue plonge sur les cirques et les lacs d'altitude.
Un spectacle inattendu nous attend : sur la voisine arête Rachou, nous apercevons Julien (profitant de sa pose au refuge d'Espingo), en solo, qui progresse avec fluidité sur le granit. Cette rencontre, au milieu de la montagne, est un moment fort de la journée.
Nous poursuivons jusqu'au sommet du Quayrat, où le panorama s'ouvre sur l'ensemble de la chaîne.
La descente s'effectue ensuite par la voie normale, qui nous ramène jusqu'aux granges d'Astau. Elle permet de boucler la journée sans repasser par l'itinéraire de montée et de profiter d'un long retour au cœur de la vallée.
Pour clore ma saison de guide 2026, j’ai enchaîné trois grandes classique du Luchonnais: le grand dièdre des Spijeoles, l’arête Crabioules / Lézat et l’arête Centrale Ouest du Quayrat.