Raid à ski de randonnée: d’Étriste aux Granges d’Astraux, par les Posets

Arête Nord-Occidantale du Balaïtous
30 juillet 2026
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Raid à ski de randonnée: d’Étriste aux Granges d’Astraux, par les Posets

Jour 1 — Eriste, refuge d’Angel Orús et Val de Forcau


Le raid débute à Eriste, dans la vallée de Benasque, point de départ classique pour rejoindre le massif des Posets.
La montée matinale serpente à travers la forêt puis les pentes ouvertes jusqu’au refuge d’Angel Orús, posé à plus de 2100 mètres au pied des faces nord du massif. C’est une montée progressive, idéale pour poser les cristaux de peau et prendre la mesure du terrain.

L’après-midi, une fois les sacs déposés au refuge, place à une incursion plus légère dans le Val de Forcau. Ce vallon suspendu, encadré de crêtes acérées, offre un terrain de jeu parfait pour une boucle de reconnaissance : quelques conversions sur pente soutenue, un peu de plat pour souffler, et une pause contemplative face aux premiers contreforts du massif. Le retour au refuge se fait en fin de journée, avec la satisfaction d’avoir déjà les jambes chaudes pour la suite.

Jour 2 — Ascension du Posets par la voie royale, descente par la Vallée Blanche


Le jour central du raid, celui que l’on prépare depuis des mois. Départ du refuge d’Angel Orus avant le lever du jour pour attaquer la voie royale, l’itinéraire historique et le plus évident vers le sommet des Posets (3375 m), deuxième sommet des Pyrénées après l’Aneto.

La montée alterne pentes régulières et passages plus raides à l’approche de la crête sommitale, où les peaux cèdent parfois la place aux crampons selon les conditions de neige. Le panorama depuis le sommet est à la hauteur de l’effort : l’ensemble du massif de la Maladeta, les vallées espagnoles et les premiers contreforts du versant français se dévoilent à 360 degrés.

La descente emprunte un tout autre itinéraire : la Vallée Blanche, versant plus large et plus généreux en neige, qui permet d’enchaîner de belles courbes jusqu’à retrouver les abords du refuge. Une boucle complète qui résume à elle seule l’esprit du ski de randonnée : l’effort de la montée récompensé par la liberté de la trace en descente.

Jour 3 — Traversée vers le refuge d’Estós, par le col et le pic de Paúl


Troisième jour, et premier grand basculement du raid. Le refuge d’Angel Orus est quitté définitivement pour rejoindre le refuge d’Estós, de l’autre côté du massif. L’itinéraire grimpe vers le col de Paúl, porte d’entrée vers le versant opposé, avec en option l’ascension du pic de Paúl qui domine la ligne de crête et offre un point de vue complémentaire à celui de la veille sur l’ensemble du massif des Posets.

Le franchissement du col marque une bascule dans l’ambiance du raid : les pentes qui plongent vers Estós sont plus longues, plus sauvages, et la descente qui s’ensuit constitue l’un des moments forts de la traversée, avec une pente et un dénivelé conséquent avalés dans une neige qui, selon la saison, peut se révéler idéale. L’arrivée au refuge d’Estós, niché dans sa vallée boisée, marque une transition douce vers la seconde partie du voyage.

Jour 4 — Port d’Oô, Seuil de la Baquo, Val de Gias et descente aux Granges d’Astau


Dernière étape, et dernier grand col du raid : le Port d’Oô, qui marque le passage vers la France. La montée depuis le refuge d’Estós prend de l’ampleur au fil des heures, avec un dénivelé conséquent à avaler, dans le splendide val de Gìas, avant de basculer côté français.

Une fois le port franchi, l’itinéraire ne s’arrête pas là : direction le Seuil de la Baquo, second verrou de la journée, qui ouvre l’accès au Cirque du Portillon. Du sommet, après avoir contourné la Tusse de Montarqué, Suit une longue combe, encadrée de sommets emblématiques du massif du Luchonnais, offre une descente ample et variée, avant de rejoindre progressivement la vallée et de conclure le raid aux Granges d’Astau.

Un dernier regard en arrière, vers les sommets, referme cette traversée entre deux versants et deux pays, entre l’austérité minérale des Posets et la douceur boisée du Luchonnais.

Une traversée de quatre jours au cœur du massif des Posets, entre versant espagnol et versant français, avec l’ascension du deuxième plus haut sommet des Pyrénées.