Jour 1 — Montée au refuge d’Arribet
Départ du Val d’Azun en début d’après-midi, le temps de laisser la matinée aux derniers préparatifs. La marche d’approche serpente entre pierriers et pâturages d’altitude, avec le massif du Balaïtous qui se dévoile progressivement, imposant et minéral.
Le refuge d’Arribet, blotti au pied des contreforts granitiques, offre une étape confortable : demi-pension, ambiance montagne, et surtout la proximité immédiate avec le terrain du lendemain — un vrai gain sur l’horaire et sur la fraîcheur des jambes au réveil.
La soirée se passe à observer le haut de l’arête qui se découpe sur le ciel, à échanger sur l’itinéraire du lendemain, et à profiter d’un repas chaud avant une nuit courte mais réparatrice.
Jour 2 — L’arête Nord-Occidentale et la descente
Départ avant l’aube, frontale allumée, pour rejoindre le pied de l’arête Nord-Occidentale dans la fraîcheur du petit matin. Le Balaïtous, un des sommets très prisés des Pyrénées, culmine à 3144 mètres et impose le respect.
L’arête s’attaque comme une longue traversée granitique, où l’escalade en rocher devient un jeu d’équilibre et de lecture de terrain plus qu’une accumulation de difficultés isolées. Le granit, rugueux et globalement fiable, alterne dalles, becquets et ressauts plus raides, avec une ambiance qui se resserre à mesure que l’on grimpe. C’est une arête qui exige de la constance : peu de passages réellement difficiles, mais une continuité et une exposition qui ne pardonnent pas le relâchement.
Le sommet, ouvre sur un panorama à 360° qui embrasse du Vignemale au Pic du Midi d’Ossau, un des plus beaux belvédères du massif, à la mesure de l’engagement qu’il faut pour l’atteindre.
La descente s’amorce par la vire Beraldi, traversée qui permet de quitter le sommet sans suivre la Grande Diagonale, avant de rejoindre le Boulevard Pack, itinéraire plus rapide qui ramène vers le bas du massif. C’est une descente qui demande de la vigilance jusqu’au bout — le terrain reste engagé, mais qui offre une belle variante, différente de la voie de montée, et qui boucle la course en circuit. Retour ensuite vers la vallée, en repassant par le refuge.
Deux jours complets en immersion dans un massif sauvages des Pyrénées : une soirée en refuge pour s’imprégner du lieu, une grande arête de granit pour l’engagement, et une descente en circuit qui referme la course sur une note différente de celle de la montée.