Départ à l’aube du parking de Gavarnie, la nuit s’accroche encore aux crêtes du cirque, alors que nous avançons à la lueur de nos frontales. Nous faisons une courte pose au refuge des Espugettes, le temps de boire un café et d'échanger quelques phrases avec le gardien.
La montée d’approche se fait au rythme du silence matinal, entre pierriers et névés résiduels, avec le Cirque de Gavarnie se dévoilant sur notre droite.
L’arête Nord-Ouest du Petit Astazou s’attaque directement depuis le col, sans transition inutile. Le rocher, calcaire et globalement solide, offre une escalade franche : quelques ressauts bien marqués viennent rythmer une progression qui reste avant tout une grande course d’arête, aérienne et logique, où l’on grimpe naturellement de becquet en becquet. L’exposition est réelle par endroits, sans jamais devenir piège, c’est une arête qui se lit bien, qui récompense la lecture du terrain plus que la force brute.
Le sommet du Petit Astazou, offrent un panorama qui justifie à lui seul la sortie : le Marboré, le Cylindre, le Mont-Perdu droit devant, et plus loin les Sierra espagnoles. On y reste peu de temps, mais assez pour graver le panorama dans nos mémoires.
La descente s’amorce par les Rochers Blancs, itinéraire plus roulant mais qui demande de la vigilance : le terrain, plus friable et plus raide qu’il n’y paraît depuis le haut, se négocie avec prudence, entre vires et pierriers mobiles. C’est une descente qui use les jambes autant que la montée use les avant-bras, et qui ramène progressivement vers les estives, puis vers la foule rendant visite à la Grande Cascade.
Une journée complète, exigeante par son ampleur plus que par sa difficulté technique, et qui résume bien ce que ce massif a de plus généreux : de la belle escalade d’arête, un panorama qui bascule d’un versant à l’autre du massif, et une descente qui laisse le temps de la savourer.