Une fois les sacs à dos chargés, nous démarrons cette longue approche. Nous passons au trou du Toro, au plat des Agualluts, puis nous nous engageons dans la vallée des Barrancs. Au lac des Barrancs, nous distinguons l’arête dans sa totalité, toujours aussi impressionnante, même après l’avoir parcourue à plusieurs reprises.
Au dernier filet d’eau, nous rechargeons les gourdes et la « vache à eau », puis nous chaussons les crampons à glace et sortons les piolets pour poursuivre jusqu’au col de Salenques.

Au col, changement : nous passons de l’équipement de glaciériste à celui de rochassier, plus habituel dans les Pyrénées. Une cordée de trois nous précède d’environ 1h30.

Nous grimpons un bon moment aux anneaux, sur le fil de l’arête. Puis les premières aiguilles se présentent à nous ; à partir de là, nous tirons des longueurs, faisons un rappel, contournons certaines aiguilles peu dociles et arrivons au sommet du Margalide. Le meilleur emplacement de bivouac est déjà pris par la cordée de trois, tant pis pour nous.
À quelques pas du sommet, nous nous installons en profitant du coucher de soleil. Une fois le repas pris, nous nous glissons dans nos sacs de couchage. Pauvre Sébastien : en plus d’une installation sommaire, il a dû supporter mes ronflements.

Au lever du jour, nous sommes déjà en route. À toute crête, nous passons le pic des Tempêtes, descendons à la brèche des Tempêtes et faisons une pause. De la brèche des Tempêtes, nous tirons quelques longueurs, puis continuons corde tendue jusqu’à l’Épaule de l’Aneto. Stoppés par l’enneigement, nous chaussons les crampons à glace, piolet à la main, et finissons la course en mixte : un vrai régal.

Au sommet du Néthou (l’Aneto en français), nous profitons du panorama, pas un nuage, on voit tous les principaux sommets de la chaîne.

Puis nous descendons par le lac de Salterillo et passons dire bonjour, et boire un coup bien mérité, à la Rencluse.
 
 

Première course du mois de juin, Salenques-Tempêtes, la saison d’été démarre très bien…